L’écriture en psychiatrie

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Un séminaire de recherche proposé par Y. Craus, le 3 février 2022

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Une observation de J. Lacan à la CMME au début des années 1930

Séminaire de recherche proposé par Y. Craus

renseignements : y.craus@free.fr

Dans le cadre d’une recherche, nous proposons de réunir des cliniciens, historiens et philosophes, afin de nous intéresser à l’écrit et à l’écriture dans le champ de la psychiatrie.
L’objet d’intérêt concerne spécialement l’écriture professionnelle en psychiatrie.
Quelle place occupe-t-elle actuellement alors que les supports se transforment à la faveur de l’utilisation massive des ordinateurs et du numérique ? Quelle place a-t-elle occupé avant cet avènement ? Comment penser cette évolution et son implication pour la pratique clinique et thérapeutique ?

Il s’agirait d’étudier les évolutions de l’écrit liées à l’informatisation des dossiers en psychiatrie, qui génèrent des nouveaux usages, et interrogent les apports spécifiques de l’écrit « papier » et de l’écrit « informatique » ou numérique. Dans cette perspective, il s’agirait de partir des pratiques des cliniciens, de leurs usages de ces différentes formes d’écriture, pour caractériser les apports spécifiques de ces différents écrits, et interroger ce faisant les idéologies qui peuvent se loger derrière ces oppositions (entre l’écrit « papier » censément « réfractaire au progrès techno-scientifique » et l’usage des « nouvelles technologies » censément « aveugle aux enjeux économiques ou gestionnaires qui les portent » par exemple). Une finalité de la recherche pourrait consister à proposer des méthodes mixtes (papier/nouvelles technologies) qui s’appuieraient sur une analyse épistémologique de ces questions. Ce sujet s’inscrit dans des considérations à la fois très théoriques (et sans doute partagées par de nombreuses activités intellectuelles avec l’avènement du numérique) et ancrées sur le terrain de la pratique clinique et psychothérapique (spécificités de la psychiatrie). Écrire la psychiatrie, écrire en tant que professionnel de la psychiatrie, serait une certaine manière de penser la psyché, la clinique, la psychopathologie et ses soins. L’enjeu est d’offrir aux professionnels la possibilité de penser les outils quotidiens, finalement psychiques, qu’ils utilisent dans leur travail auprès des patients.
Une première réunion de rencontre se tiendra le jeudi 3 février à 9h à l’hôpital Ste-Anne, Pavillon i, au rez-de-chaussée.
Nous préciserons le champ de la recherche et établirons une méthodologie à partir de nos affiliations professionnelles et institutionnelles respectives (Ste-Anne, IPDT, Université de Paris, Chaire de Philosophie à l’hôpital, groupe de L’Evolution psychiatrique,…).

Remarque: ici il faudrait prendre garde à ne pas partir trop loin du côté de l’écriture du cas telle qu’elle est très étudiée depuis longtemps et avec brio par le champ psychanalytique. Il s’agirait peut-être de se lancer plus généralement sur les pas de Michel de Certeau quand il propose L’écriture de l’histoire. En effet, il semble que l’histoire a proposé des études épistémologiques édifiantes, faites par des historiens au sujet de leur propre discipline (Comment on écrit l’histoire, Paul Veyne). De même, il apparaît primordial que les psy puissent s’emparer de cette question: comment écrit-on la psychiatrie? Car elle s’écrit, contient aussi des histoires, singulières (le cas) et générales (une pathologie référencée dans une nosographie). L’écriture comme acte professionnel quotidien.

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