Dr Bernard Odier. L’invention des psychoses émergentes.

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Séminaire : Des Idées en psychiatrie du 1er décembre 2022

Renseignements et inscriptions : service.psy13@asm13.org

De 18h30 à 20h30. En présentiel : 11 rue Albert Bayet, 75013 Paris ou en distanciel :

https://us06web.zoom.us/j/83552874555?pwd=MGttaXg2MkoybE9xR2x4V2FMVnlYdz09

Depuis la fin des années 1990, un nouveau champ s’est ouvert à la recherche en psychiatrie : le « risque de psychose ». Il ne s’agit plus d’attendre le premier épisode à la symptomatologie floride mais d’anticiper la psychose. Trois étapes sont franchies successivement. La première historiquement repère des symptômes atténués. Le diagnostic de ces patients à « Ultra Hauts Risques » de schizophrénie (Australie, USA) est confirmé par des échelles de tests (SIPS et Caarms) développés ad hoc. La deuxième s’appuie sur l’identification par enquêtes rétrospectives de prodromes de la schizophrénie. Enfin la troisième recherche dans l’enfance et chez les pré-adolescents des traits cognitifs et psychologiques ayant une valeur pronostique.Ce renouveau de la clinique pose cependant plusieurs questions. Au fil de ces trois étapes, le repérage est chaque fois plus précoce, les cas relevés plus nombreux, les évolutions observées plus variées et malgré les traitements entrepris la survenue de schizophrénie n’est pas raréfiée. Point positif: les évolutions sous traitement se font vers des formes moins graves et moins déficitaires de troubles psychiatriques. On observe en contrepoint, que dans des pays où la psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent est déjà développée, des cliniciens _souvent  européens_ , sensibles aux risques de stigmatisation et aux dangers du « labelling » avec sa redoutable dimension de prophétie auto-réalisatrice, proposent un regroupement de ces tâtonnements à l’enseigne des « psychoses émergentes ». Qu’est ce que ce bouillonnement contemporain nous apprend de la construction du savoir clinique et thérapeutique en psychiatrie? Quelle est la place aujourd’hui de la prévention primaire en psychiatrie? Ce sont deux des questions qui seront abordées par Bernard Odier, psychiatre, ancien chef de service à l’ASM 13, ancien Président de la Fédération Française de Psychiatrie et du Conseil National Professionnel de Psychiatrie. 

Séminaire organisé en association avec L’Evolution Psychiatrique, le Département de recherche en Ethique de l’Université Paris Sud / Paris- Saclay et l’Espace de réflexion éthique de la région Ile-de-France.  

La psychiatrie fait partout l’objet d’un effort d’objectivation. Son caractère complexe embarrasse à l’heure où le projet collectif serait, pour de nombreuses raisons dont il faudra faire la part, de la penser de manière standard. Pourtant, c’est en respectant son hétérogénéité, en l’étudiant dans ses vérités médicale, sociologique, politique et éthique et leur articulation complexe et dynamique, que nous serons en mesure de dire quelque chose de juste du savoir du psychiatre. Nous serons aidés dans cet effort épistémologique par des philosophes, des sociologues, des historiens et des psychiatres qui, tous, sont fondés à poser la question du lieu de la psychiatrie dans le monde des idées. Ce séminaire donnera lieu à une séance mensuelle de deux heures pendant lesquelles la parole sera donnée à un intervenant qui engagera le débat par une communication de 45 minutes. Puis se tiendra une discussion modérée par les organisateurs qui resteront les mêmes toute l’année et auront la fonction de donner à chaque séance l’occasion d’alimenter le projet de manière cohérente.

Organisateurs Xavier BONNEMAISON, Clément FROMENTIN, Pierre HUM, Benjamin WEIL, Paul-Loup WEIL – DUBUC.

programme : https://levolutionpsychiatrique.fr/2022/11/01/des-idees-en-psychiatrie-2/