Vous trouverez ci-dessous un texte que vient d’écrire Élisabeth Roudinesco pour le Bulletin de la Société internationale d’histoire de la psychiatrie et de la psychanalyse, ce 2 novembre 2026.

Né à Saint-Maur le 2 octobre 1948, François Bing est mort à Champigny/Marne le 30 octobre 2026 des suites d’une attaque cardiaque. Il était vice-président de la SIHPP depuis trente ans et pour moi un ami précieux, toujours prêt à programmer des rencontres sans le moindre préjugé, toujours curieux de tout, élégant à la manière d’un Gentleman Farmer, d’une finesse hors du commun, féru d’histoire et doué d’un sens aigu de l’organisation et de l’accueil. Au cours de nos colloques, Il veillait à tout, soucieux chaque fois de la bonne tenue des débats et des déjeuners savamment préparés. Psychiatre des hôpitaux et psychanalyste, élève fidèle de Jacques Postel, formé sur le divan de Serge Leclaire, il était resté très attaché au service public et surtout à l’hôpital Sainte-Anne où il a animé, avec Julien-Daniel Guelfi, un fameux séminaire d’histoire de la psychiatrie, créé par Postel à la fin des années 1970 et coordonné aujourd’hui par Clément Fromentin1. Il est l’auteur du chapitre « Dégénérescence » paru dans la Nouvelle histoire de la psychiatrie (Dunod, 1983), ouvrage publié sous la direction de Jacques Postel et Claude Quétel.
C’est en 1993, avec notre ami Jean-François Braunstein, qu’il a organisé la célébration du cinquantenaire de la parution de la thèse de médecine de Georges Canguilhem, Essais sur quelques problèmes concernant le normal et le pathologique, en présence de l’auteur et avec la participation d’éminents orateurs : François Dagognet, Henri Pequignot, Pierre Macherey, Pierre Lascoumes, Georges Lanteri-Laura. Grâce à Philippe Pignarre, ce colloque a été publié chez Synthélabo en 1998, sous le titre Actualité de Georges Canguilhem dans la collection “Les empêcheurs de penser en rond”. Il est précédé d’un entretien avec Georges Canguilhem réalisé par les deux organisateurs et précédé d’une introduction que j’ai rédigée.
En mai 2022, François Bing a réussi le tour de force de mettre sur pied une rencontre qui a fait date sur la transidentité en partenariat avec le réseau ESPAS (Serge Héfez), le GHU-Sainte-Anne, la SIHPP et l’Institut Histoire et Lumières de la pensée (ihldp) avec comme intervenants : David Cohen, Agnès Condat, Jean Chambry et Patrick Landman.
Au-delà de sa pratique de psychanalyste et de psychiatre, François Bing a toujours été un militant des droits de l’homme. Aussi a-t-il fondé, à Pantin, en 1996, un centre d’accueil, Le Refuge, destiné aux plus démunis et aux sans domicile fixe de toutes origines. Il en est resté le président jusqu’à sa mort : « il a travaillé main dans la main avec l’équipe municipale d’alors qui a mis des terrains à disposition, souligne Philippe Avez. Depuis, Le Refuge a bien grandi. L’association gère quatre établissements sur trois sites différents à Pantin : le centre d’hébergement d’urgence (CHU) de 40 lits et la pension de famille, tous deux situés avenue Jean-Lolive, les logements partagés de la rue Candale ainsi que l’accueil de jour. »
La SIHPP s’associe à la douleur des deux enfants de François Bing, Barbara et Benjamin, et de ses trois petits-enfants, Garance, Oliver et Alec.
Élisabeth Roudinesco, présidente de la SIHPP
- Ce séminaire est aujourd’hui animé par Yann Craus, Jérémie Sinzelle et Clément Fromentin. (note CF) ↩︎