Retrait de l’amendement 159 au Sénat : clarifications épistémologiques par Jessica Tran The

L’amendement 159 visait à abolir le financement public de tous les « soins, actes et prestations se réclamant de la psychanalyse ou reposant sur des fondements théoriques psychanalytiques ». A distance des vives polémiques qu’il a suscitées avant son retrait au Sénat, il convient de se pencher sur certaines critiques adressées à la psychanalyse. Les reproches sur l’absence de « validation scientifique » ont été démentis par plusieurs travaux qui ont, depuis les années 2000, tenté d’évaluer l’efficacité des psychothérapies psychanalytiques. Mais d’autres critiques recèlent un malentendu plus ancien : l’assimilation de la psychanalyse à une théorie défendant une causalité environnementale en psychopathologie, et opposée à l’hypothèse de vulnérabilités génétiques. Pour clarifier cet écueil, nous nous proposons ici de revenir aux fondements historiques et épistémologiques de cette discipline, ainsi qu’aux perspectives étiologiques défendues par Freud.

Jessica Tran The est psychologue clinicienne et docteure en psychanalyse, psychopathologie et sciences de la vie. Elle est actuellement Maître de Conférences en psychologie clinique et en psychopathologie à l’université de Caen, au sein de l’unité INSERM 1077 « Neuropsychologie et neuroimagerie de la mémoire humaine ». Elle enseigne au sein du Master de psychologie clinique psychodynamique.

Un texte aux enjeux cliniques, politiques et économiques

Le 26 novembre 2025, l’amendement 159, qui visait à abolir le financement public de tous les « soins, actes et prestations se réclamant de la psychanalyse ou reposant sur des fondements théoriques psychanalytiques », a été débattu en séance publique au Sénat, puis retiré par Jocelyne Guidez, l’une des cinq parlementaires à l’initiative du texte[1]. Ce retrait a été motivé non seulement par le caractère inapplicable d’un tel amendement, mais aussi par les oppositions massives des professionnels du champ de la santé mentale, qui n’avaient aucunement été concertés lors de la rédaction de l’amendement. Les praticiens se sont collectivement insurgés pour dénoncer le caractère « liberticide » d’un tel texte pour les différents acteurs du soin psychique, tout comme la rupture de l’égalité d’accès aux soins que son entrée en vigueur représenterait pour les patients. Ainsi, différentes tribunes et communiqués d’organisations professionnelles ont rappelé que la pluralité des approches est essentielle aux soins psychiques, mais aussi que les psychiatres ou psychologues, dans le cadre de leur autonomie professionnelle, sont libres d’évaluer l’intérêt de leurs outils et de leurs méthodes en fonction des spécificités de chaque situation. Et ce d’autant plus que la complexité du psychisme, la singularité de chaque patient et la diversité des parcours et des histoires personnelle impliquent de se décentrer de toute ambition de normalisation des méthodes[2–6]. Témoin de l’ampleur de la mobilisation, une pétition contre l’amendement 159 à l’initiative du Syndicat National des Psychologues a recueilli l’adhésion de 101 741 signataires[7].

            Les détracteurs ont par ailleurs dénoncé les logiques économiques qui ont pu sous-tendre la rédaction de ce texte, et qui se retrouvent également à l’œuvre dans le projet de loi n° 385 visant à intégrer les centres experts en santé mentale, coordonnés par la fondation FondaMental, dans le code de la santé publique – projet porté entre autres par le sénateur Alain Milon, qui a lui-même été à la tête de FondaMental entre 2010 et 2015[8]. Cette proposition, qui a été débattue en séance publique au Sénat le 16 décembre puis adoptée en première lecture, a en commun avec l’amendement 159 de présenter une « décision gestionnaire » sous une allure de « choix scientifique éclairé », ces deux textes relevant d’un même processus de fragilisation, si ce n’est de démantèlement, de la psychiatrie publique de secteur déjà exsangue du fait des sous-dotations chroniques, de la diminution des capacités d’hospitalisation et de la pénurie de soignants [9–11]. Dans son ouvrage Neurosciences, un discours néolibéral, le neurobiologiste François Gonon a brillamment documenté l’utilisation à des fins politiques d’un certain discours triomphant des neurosciences fondé sur une rhétorique de la promesse, là où les avancées de la neuropsychiatrie sont en réalité bien moins prometteuse, et n’ont que peu ou pas bénéficié aux patients [12][1]. Ce détournement politique de différentes données scientifiques – données issues d’études initiales souvent infirmées par les méta-analyses ultérieures – aurait en particulier permis de justifier certaines restrictions budgétaires réalisées au détriment des patients les plus défavorisés. Et une telle rhétorique de la promesse implique aussi parfois, comme cela a été pointé par un collectif de chercheurs pour le cas de la Fondation FondaMental, un usage « trompeur » de certaines données scientifiques à des fins de communication[13,14].

Les preuves scientifiques de l’efficacité des psychothérapies psychanalytiques

Une telle logique argumentative était explicitement à l’œuvre dans le texte de l’amendement 159, où l’exigence de scientificité était invoquée comme venant au service d’une réduction de la dépense publique dans le champ de la santé : « Cet amendement vise à garantir la cohérence scientifique et l’efficience des dépenses de l’assurance maladie ». Pour expliquer comment l’idéal scientifique d’une médecine fondée sur des preuves peut venir légitimer une réduction des coûts, suivaient deux arguments distincts mais solidaires : les soins fondés sur la psychanalyse « ne disposent aujourd’hui d’aucune validation scientifique ». En revanche, certaines pratiques thérapeutiques, recommandées par la Haute Autorité de santé – les approches comportementales, éducatives et de réhabilitation psychosociale – auraient quant à elles un « bénéfice médical avéré »[1].

Le premier argument, qui incrimine une absence de données probantes en faveur des approches thérapeutiques fondées sur un référentiel théorique psychanalytique, a été méthodiquement démenti par les travaux menés par des universitaires spécialistes de ce domaine[15–18]. Si la naissance de la psychanalyse précède bien entendu l’avènement de la méthodologie de la médecine dite « fondée sur des preuves » (evidence based medicine), depuis les années 2000, certains chercheurs se sont proposé d’appliquer la méthodologie rigoureuse de « l’essai contrôlé randomisé » à l’évaluation de l’efficacité des différentes formes psychothérapies, dont celles orientées par une approche psychanalytique[15]. Comme l’a souligné T. Rabeyron, les résultats de ces études tendent à montrent que l’efficacité des psychothérapies est le plus souvent indépendante de l’obédience théorique du clinicien, et qu’en ce qui concerne l’évaluation des psychothérapies psychanalytiques, celles-ci ont été empiriquement démontrées efficaces pour la majorité des troubles psychiatriques[16]. La revue de la littérature réalisée par F. Gonon et P. H. Keller à partir des 25 méta-analyses publiées entre 2004 et 2019 rapporte que onze de ces méta-analyses ont conclu à un effet robuste des psychothérapies psychanalytiques sur l’amélioration des symptômes à l’issu des traitements. Sur dix-méta-analyses ayant comparé une psychothérapie psychanalytique à une autre forme de prise en charge (psychothérapie orientée par une autre approche ou bien traitement médicamenteux), neuf ont conclu à une efficacité égale ou supérieure des approches psychanalytiques vis-à-vis des traitements de comparaison[18]. Dès lors, le second argument évoqué dans le texte de l’amendement 159, c’est-à-dire l’existence d’un bénéfice avéré d’autres formes de pratiques thérapeutiques, perd de son tranchant. Non seulement les approches comportementales, éducatives et de réhabilitation psychosociale ne sont pas les seules à avoir été évaluées par des protocoles expérimentaux fondés sur des essais randomisés, mais certains de ces protocoles concluent bien dans certains cas à une supériorité des psychothérapies d’orientation psychanalytique sur ces dernières.

Néanmoins, au-delà du caractère erroné de ces deux arguments – qui se révèle dès que l’on passe en revue la littérature scientifique – on peut par ailleurs objecter que, si l’on se situe à un autre niveau d’analyse, le champ de l’évaluation de l’efficacité des psychothérapies n’est pas exempt de certaines difficultés méthodologiques, qui peuvent conduire à relativiser dans son ensemble la portée de ces différents résultats. Ainsi, dès ses débuts, le recours aux essais contrôlés randomisés dans le champ des psychothérapies a été critiqué pour ses limites intrinsèques, en tant qu’il est issu de l’importation d’une méthodologie pharmacologique. Initialement conçu pour comparer les effets d’une molécule relativement à l’administration d’un placebo, les ECR postulent qu’un facteur unique responsable de l’effet serait à tester et, en cela, cette méthodologie ne permet pas d’étudier ou d’évaluer la complexité des mécanismes en jeu dans le soin psychique[15][2]. Dès lors, comme l’a rapporté G. Visentini, pour prendre en compte le caractère multifactoriel de l’efficacité des psychothérapies, des nouvelles techniques d’évaluation se sont développées, avec pour principale préoccupation la volonté de ne pas décomplexifier par le milieu expérimental la pluralité des dimensions impliquées dans les situations thérapeutiques en contexte naturel[15]. Ainsi, dès le début des années 1980, l’intérêt des protocoles d’essais cliniques par cas uniques avait été mis en avant[19] et, depuis les années 2000, suite au séminaire du NIMH intitulé « Psychotherapeutic interventions : how and why they work », un collectif de chercheurs a proposé un nouveau modèle épistémologique pour tester l’efficacité des psychothérapies, fondé sur la complexité des processus de changement impliqué. Ce modèle implique de se décentrer de la conception strictement expérimentale sous-jacente aux ECR, qui reposent sur la mise en avant d’un facteur unique, là où, au contraire, les processus en jeux dans l’efficacité thérapeutique seraient à prendre en compte dans la complexité de l’interaction d’une pluralité de facteurs, mais aussi dans leur évolution temporelle, au-delà de toute illusion d’action d’un mécanisme isolé [15][3]. Par ailleurs, on peut noter que les études fondées sur des cas uniques peuvent paraître les seules en mesure non seulement de prendre en compte cette plurifactorialité, mais aussi de ne pas effacer la singularité de chaque patient, de chaque situation et de chaque rencontre thérapeutique derrière une volonté d’isoler certains mécanismes universels sur lesquels reposerait l’effet curatif.

Au-delà des enjeux économiques et politiques actuels : un débat étiologique

L’amendement 159 reposait ainsi sur une rhétorique visant à utiliser des arguments en apparence scientifique – quoi que ne résistant pas à une analyse plus approfondie des données de la littérature – pour légitimer l’exclusion de l’approche psychanalytique des dispositifs de soin public, tout en soulignant l’intérêt budgétaire de cette mesure. Mais, outre la problématique de l’utilisation économique et politique d’arguments d’allure scientifique, on peut constater qu’un autre un enjeu, cette fois intrinsèquement épistémologique, s’est révélé dans les débats suscités par ce texte. Cette dimension, moins manifeste, est à distinguer d’une démarche volontaire de déformation des faits scientifiques à des fins politiques, et peut s’apparenter à un réel malentendu – qui n’en constitue pas moins un écueil notoire – relatif à aux vues étiologiques défendues par la psychanalyse. Et cette vision erronée implique en dernier ressort une méconnaissance de la définition même de la psychanalyse et de ses fondements historiques.

Cet écueil ne figurait pas dans le texte même de l’amendement, mais est apparu à l’occasion de sa discussion publique au Sénat, lors du discours prononcé par la sénatrice Jocelyne Guidez. Tout en procédant au retrait de l’amendement 159, elle avait alors tenu à proclamer que son « combat » contre la psychanalyse allait se poursuivre, parce qu’il était motivé notamment par les requêtes des « parents » de patients et de leurs associations. Et, laissant de côté l’argument des données empiriques sur l’efficacité des psychothérapies présenté dans le texte initial, elle avait alors tenu à évoquer un évènement issu de son histoire personnelle : « je voudrais juste vous raconter une histoire qui est la mienne. Mon histoire à moi » [20]. Cette histoire est plus précisément celle de sa sœur, dont la première fille est atteinte d’un syndrome de Rett – une maladie d’origine génétique particulièrement invalidante, qui entraîne un polyhandicap associant déficience intellectuelle et infirmité motrice souvent sévères. Le changement soudain de logique argumentative pourrait surprendre : là où le texte de l’amendement insistait sur une volonté de « cohérence scientifique », invoquant la nécessité d’une « validation scientifique » des approches thérapeutiques, c’est désormais une registre rhétorique fondé sur l’émotion et le caractère profondément personnel du discours qui apparaît au premier plan. Loin d’être à railler, cette bascule vers une dimension authentiquement subjective du récit présente l’intérêt de rappeler que, dans le champ de la santé mentale, chaque situation est nécessairement unique, en tant qu’elle implique des sujets dans leur irréductible singularité, et la souffrance de chacun ne saurait être subsumée sous des critères universalisants.

Ainsi, lors de son discours du 26 novembre 2025 au Sénat, Jocelyne Guidez livre un témoignage sur l’expérience douloureuse faite par sa sœur 30 ans auparavant, lorsque cette dernière, en proie à une vive inquiétude face aux symptômes de sa fille, avait consulté un psychologue qui lui aurait alors adressé trois questions : « Est‑ce que vous avez désiré votre enfant ? Est‑ce que vous aimez votre enfant ? Est‑ce que votre enfant… vous lui parlez tous les jours ? ». Puis, suite à ces propos culpabilisateurs, le professionnel aurait alors proposé une interprétation des symptômes de cette petite fille comme relevant de la manifestation d’une « colère » envers à sa mère[4]. Selon Mme Guidez, ce thérapeute aurait ainsi « fait de la psychanalyse, mais pas de la psychologie » [20].

On peut donc légitimement conclure que, pour la sénatrice de l’Essonne, la psychanalyse comme technique thérapeutique repose sur une interprétation environnementale de l’origine des symptômes : les troubles présentés par l’enfant seraient la conséquence du comportement de la mère à son égard, qui ne lui aurait sans doute pas assez parlé ou témoigné son amour. Et ce, au prix d’une négation de toute autre perspective étiologique, et notamment d’une méconnaissance de l’origine génétique du syndrome de Rett, qui a pourtant été identifié comme conséquent à une mutation rare du gène MECP2 situé sur le chromosome X, mutation entravant massivement le développement cérébral. L’allocution de Jocelyne Guidez, outre les enjeux cliniques, politiques et économiques liés à l’amendement 159, implique donc un débat sur la cause des pathologies psychiatriques, et sur les vues étiologiques défendues par la psychanalyse.

Psychanalyse et étiologie traumatique : la réactualisation d’un écueil persistant

Or, ce débat, loin d’être récent, avait déjà nourri de vives polémiques autour de la clinique de l’autisme, pour aboutir le 13 octobre 2016 au dépôt d’un projet de loi visant à condamner et interdire les pratiques d’orientation psychanalytique dans la prise en charge des personnes autistes[21] – texte qui avait finalement été rejeté deux mois plus tard l’Assemblée nationale[22]. Ce projet invoquait en particulier le rapport de l’HAS de recommandation des bonnes pratiques, intitulé « Autisme et autres troubles envahissants du développement », et daté de mars 2012, qui mentionnait les approches psychanalytiques et la psychothérapie institutionnelle comme des interventions globales « non consensuelles », en raison de l’absence de données probantes suffisantes sur leur efficacité – donnée qui, comme on l’a vu, ont depuis été fournies par différents protocoles de recherche[23]. Mais les critiques adressées par les associations de parents d’enfants autistes à la psychanalyse sont plus anciennes encore, puisque dès 1994, l’association Autisme-France avait procédé à une saisine du Comité Consultatif National d’Éthique. Dans ce courrier figurait au premier plan une discussion sur les perspectives étiologique, formulée dans des termes proches de ceux du discours tenu par Mme Guidez. En effet, les signataires de cette lettre dénonçaient le fait que les psychiatres français « privilégieraient l’hypothèse psychogénétique » de l’autisme, dans une méconnaissance de son origine « organique », et adresseraient ainsi les enfants autistes vers le secteur psychiatrique où ils seraient pris en charge avec des méthodes d’inspiration psychanalytique[24]. Suite à cette saisine, le CCNE a rendu un « Avis sur la prise en charge des personnes autistes en France », où étaient mentionnées les différentes perspectives étiologiques sur l’origine de l’autisme. L’avis évoquait en particulier l’opposition entre les théories « psychogénétiques » de l’autisme et les théories « biologiques », et soutenait que, selon la théorie psychanalytique, située du côté des approches psychogénétiques, l’autisme serait dû à une « dysharmonie » dans les interactions précoces entre la mère et l’enfant. Le syndrome autistique serait alors à considérer comme une « modalité particulière d’organisation psychique en réponse à ce dysfonctionnement » [24]. D’autre part, parmi les théories « biologiques » de l’autisme, situées donc comme antagonistes aux théories psychanalytiques, étaient en particulier mentionnés certains facteurs de risque génétiques entraînant des perturbations du développement cérébral – bien que ce rapport du CCNE soulignait que « les travaux en imagerie cérébrale n’aboutissent pas à des conclusions constantes sur le dysfonctionnement du cerveau » [24].

La saisine du CCNE en 1994 sur la problématique de la prise en charge de l’autisme, tout comme le rapport qui lui a fait suite, bien que datant de plus 30 ans, présentent l’intérêt de situer précisément les enjeux étiologiques du débat sur la légitimité de l’approche psychanalytique comme technique thérapeutique, dans des termes qui, comme en atteste l’allocution de Jocelyne Guidez au Sénat, restent aujourd’hui identiques. En effet, le reproche adressé à la psychanalyse se localise, outre l’enjeu des données probantes, sur l’idée que cette approche défendrait une étiologie relationnelle, environnementale donc, ou « acquise », des symptômes. La pathologie serait alors conçue comme la conséquence d’un trouble des interactions entre la mère et l’enfant. Et ce premier rapport du CCNE avait à l’époque déjà souligné qu’il était contraire à « l’intérêt des personnes autistes et de leur famille de privilégier des hypothèses qui rendent les parents responsables de ce trouble » [24].

Or, assimiler l’approche psychanalytique à une théorie défendant une étiologie environnementale, acquise ou traumatique, des symptômes, constitue un écueil majeur : l’acte de naissance de la psychanalyse se situe précisément dans le renoncement de Freud à toute tentative de localiser la source des souffrances ou de la pathologie du sujet dans des évènements vécus dans l’enfance[25].

La naissance de la psychanalyse : un abandon de l’étiologie traumatique

A l’époque de sa collaboration avec Joseph Breuer dans sa pratique clinique auprès de patientes hystériques, Freud s’était trouvé confronté à la réémergence chez ces dernières de souvenirs d’abus sexuels infantiles, qui jusque-là étaient demeurés enfouis. Freud dit avoir immédiatement accordé « foi » à ces récits[26][5] certain que « nos enfants sont exposés à des attaques sexuelles bien plus fréquentes qu’on ne devrait s’y attendre »[27]. Et, dans son texte Sur l’étiologie de l’hystérie, en 1896, il avait inféré des 18 cas d’hystérie qu’il avait traités l’existence d’un lien causal entre ces scènes d’abus sexuels et l’apparition des symptômes somatiques de conversion, formulant sa première théorie étiologique des névroses – la neurotica, ou « théorie de la séduction » : « à la base de chaque cas d’hystérie, on trouve un ou plusieurs évènements d’une expérience sexuelle prématurée » [27][6].

Pourtant, moins d’un an après avoir énoncé publiquement sa première théorie étiologique de l’hystérie, Freud est contraint d’y renoncer. Cet abandon, qui scelle l’acte de naissance de la psychanalyse, inaugure alors une perspective étiologique radicalement nouvelle, dont le ressort subversif s’avère sans commune mesure avec la « neurotica ». Ce rejet de la théorie de la séduction se trouve motivé aussi bien par la découverte de la sexualité infantile, articulée autour du complexe d’Œdipe, que par la révélation concomitante de la puissance étiologique du fantasme et de ce que Freud dénomme la « réalité psychique », indépendamment de toute scène réelle vécue dans l’enfance. Mais le renversement opéré par cet acte fondateur n’est pas à situer comme une remise en question de la vérité de la parole de ses patientes, ni de l’existence d’abus sexuels réels. Freud, lorsqu’il revient sur les raisons de cette évolution théorique, souligne que de tels abus demeurent « indubitables »[28]. L’abandon de la neurotica implique essentiellement un décentrement étiologique : Freud se détourne des facteurs acquis, découvrant dans « la vie psychique des névrosés le rôle extraordinairement grand de l’activité fantasmatique, qui, pour la névrose, était manifestement plus déterminante que la réalité extérieure »[29][7]. Freud renonce alors à son hypothèse première selon laquelle le symptôme névrotique serait la conséquence directe et linéaire d’un évènement traumatique. Indépendamment de la réalité biographique de chacun et des évènements vécus dans l’enfance, la psychanalyse comme technique thérapeutique se centrera dès lors sur l’exploration de ce que Freud dénomme la « pulsion », ou le concept central de son édifice théorique, qui implique de penser comment, dès les premiers temps de la vie, l’enfant est confronté, par l’émergence des grands besoins biologiques, à l’existence d’une quantité d’excitation qui excède ses capacités de représentation[30,31].

En cela, la psychanalyse ne s’intéresse pas au « traumatisme » au sens usuel et actuel de ce terme, mais à un phénomène qui ne peut se réduire au registre des évènements biographiques. Pour pointer cette distinction, Lacan soutenait que le technique psychanalytique vise plutôt à explorer un « troumatisme » – ce néologisme visant à signifier le caractère impossible à symboliser de cette irruption de la pulsion[32], sur laquelle le langage n’a pas de prise. Cette distinction invite, comme le souligne Colette Soler, à pointer un paradoxe : la vulgarisation de la psychanalyse a conduit à répandre l’idée d’une causalité biographique de la souffrance humaine, comme si la source de nos douleurs résidait nécessairement dans les contingences de notre histoire singulière. Or, si nul ne peut nier le caractère dramatique de certains évènements de vie, il y a là une confusion avec la causalité traumatique qui intéresse le psychanalyste : les accidents de la vie, pour malheureux qu’ils soient, touchent des individus « déjà constitués ». Et c’est ce troumatisme inaugural et constituant, indépendant des circonstances de la vie à venir, que vise l’expérience analytique[33]. Cette expérience est ainsi à concevoir comme indépendante des contingences de l’existence de chacun, dans la mesure où son objet serait à situer dans la nature intrinsèquement bicéphale de l’être humain, à la fois corps dans sa réalité biologique et être parlant. Le caractère incommensurable entre ces deux registres du corps et du langage introduisant dès les débuts de la vie une béance irréductible.

Les deux méprises de Bruno Bettelheim

Freud travaillait essentiellement avec des patients adultes, mais ses positions sur le dépassement de toute perspective étiologique environnementale ou traumatique en psychopathologie est particulièrement visible dans ses études de cas, qu’il s’agisse du « Petit Hans » – un enfant de 4 ans présentant une phobie des chevaux – ou bien de son patient baptisé « l’homme aux loups »[34]. Freud y insiste d’emblée sur l’origine fantasmatique des symptômes, en soulignant que ces derniers sont radicalement décorrélées de la réalité biographique des évènements de l’histoire infantile. Si, dans ces deux cas, les angoisses se localisent massivement sur la figure du père, toute l’étude du cas de Hans témoigne au contraire de la bienveillance et de la sollicitude paternelle à l’égard de l’enfant. Et, de même, lorsque Freud s’intéresse aux crises d’angoisses exprimant la terreur abyssale de l’homme aux loups vis-à-vis de son père, il note que ce dernier « cherche au contraire à l’apaiser en jouant devant lui à la balle avec les oreillers du petit lit »[35][8][9]. C’est dans l’activité fantasmatique, la « réalité psychique » propre au sujet, que Freud situe l’origine des symptômes, qui ne résiderait aucunement dans des expériences ou des évènements biographiques.

Or, on peut constater que certains développements de la psychothérapie avec les enfants dans l’après-guerre, suite à l’émigration de nombreux psychanalyste juifs en Angleterre et aux Etats-Unis, ont impliqué des évolutions théoriques en rupture nette avec les positions freudiennes. C’est le cas notamment du viennois Bruno Bettelheim qui, rescapé des camps de Dachau et Buchenwald, avait émigré à Chicago. Dans ses travaux auprès d’enfants autistes, il reviendra à des conceptions étiologiques environnementales, contraires aux vues psychanalytiques : il suppose notamment que la cause de l’autisme serait liée « à des évènements survenus pendant la deuxième année de la vie » [36][10]. Et ce, bien qu’il souligne dans son ouvrage La Forteresse vide, particulièrement controversé, l’absence de certitude étiologique dans la clinique de l’autisme : « nos connaissances sur cette maladie sont encore trop limitées pour nous permettre de trancher entre l’origine organique et l’origine psychogénétique » [36][11]. Il note néanmoins qu’il « ne sert à rien de culpabiliser les parents d’un enfant autistique en les rendant responsables de sa maladie », considérant qu’ils ont « eu plus que leur part de souffrance avec cet enfant. Les culpabiliser ne ferait qu’ajouter à leur malheur et n’aiderait certainement personne » [36][12].

Bettelheim n’en a pas moins commis une méprise fondamentale en considérant que sa conception étiologique acquise de l’autisme se rapprocherait des perspectives psychanalytiques. Et cette dérive vers des thèses étiologiques environnementales a été commune à plusieurs psychanalystes émigrés aux Etats-Unis, comme Heinz Hartmann, fondateur du courant de la « psychologie du moi » (ego-psychology), qui proposait une nouvelle théorie du fonctionnement psychique mettant particulièrement l’accent sur le rôle adaptatif du moi face à l’environnement[37]. Contre ce mésusage des notions freudiennes, on peut souligner que la psychanalyse française de l’après-guerre, notamment sous l’influence de l’enseignement de Jacques Lacan, a été marquée par la volonté de revenir au fondement de la théorie freudienne. Lacan, à partir de son choix de « se laisser conduire par la lettre de Freud »[13], a ainsi particulièrement déploré ce qu’il décrivait comme la « stupidité » de cette évolution américaine de la psychanalyse, qui localiserait à tort que l’origine des symptômes dans une « situation » environnementale ou biographique particulière[38][14]. Ces conceptions constitueraient précisément une négation du fondement même de la psychanalyse, né de l’abandon de ces perspectives étiologiques au profit de la prise en compte de la réalité psychique.

Par ailleurs, il convient de souligner que, dans ses discussions sur les hypothèses étiologiques de l’autisme, Bruno Bettelheim a commis un autre écueil : il soutenait à tort que la psychanalyse serait opposée à l’hypothèse d’une étiologie « innée » des troubles psychiques. Or, cette méprise, qui revient à opposer, au nom de la psychanalyse, une hypothèse « psychogénétique » à une origine innée, biologique ou génétique en psychopathologie, est particulièrement d’actualité, puisqu’elle revient de façon récurrente dans les débats sur la légitimité de l’approche psychanalytique dans le champ de l’autisme.

Psychanalyse et étiologie génétique

La réduction de la psychanalyse à une théorie étiologique exclusivement environnementale des pathologies psychiques, qui négligerait le rôle des déterminants innés, héréditaires ou « génétiques », est loin d’être une dérive contemporaine. Freud lui-même avait déjà dénoncé le « reproche injustifié » qui lui était souvent adressé d’avoir « nié l’importance du facteur inné (constitutionnel) en faisant ressortir le rôle des impressions infantiles »[39]. Au contraire, il n’a eu de cesse, tout au long de sa vie, d’insister sur le caractère plurifactoriel de l’étiologie des troubles psychiques. Il est bien entendu anachronique d’évoquer une prise en compte par Freud des facteurs de vulnérabilité génétiques, dans la mesure où ses développements théoriques sur les facteurs étiologiques qu’il désigne indistinctement comme facteurs « innés », « constitutionnels » ou « héréditaires », précèdent la découverte du support moléculaire de l’information génétique. C’est en effet seulement en 1940, soit un an après la mort de Freud, qu’Oswald Avery démontrera que la molécule d’ADN est le support matériel des gènes, et donc de l’hérédité[40], ouvrant ainsi la voie aux travaux de Maurice Wilkins, Rosalind Franklin, James Watson et Francis Crick. Par ailleurs, bien que le terme de « gène », avait été introduit dès 1905 par Bateson pour désigner l’unité fondamentale et insécable de l’hérédité – notamment suite aux redécouvertes des travaux de Mendel, restés ignorés pendant près de quarante ans-, Freud, en revanche, n’emploiera jamais ce terme, pas plus que celui de « génétique », pour désigner la nouvelle science de l’hérédité émergeant alors.

Les recherches freudiennes s’inscrivent donc dans le contexte d’une vision que l’on peut qualifier de « pré-ADN » de l’hérédité, où la seule approche scientifique de ce domaine consistait en une quantification statistique de la ressemblance transmise des ascendants aux descendants[41][15]. Il ignore de fait la possibilité de mutations de novo, tenant pour synonymes constitution « innée » et hérédité. Son vocabulaire est notamment marqué par sa formation française, et en particulier par les théories de Morel et de Charcot de la fin du XIXème siècle[42][16]. Pourtant, par-delà le risque de ce double anachronisme, on peut noter que les thèses freudiennes sur l’importance des facteurs innés ou constitutionnels ne sont en aucun cas incompatibles avec les recherches scientifiques actuelles sur les vulnérabilités génétiques dans certaines pathologiques psychiatriques[43]. En 1896, Freud avait synthétisé dans un article paru en français dans la Revue neurologique ses vues sur le rôle de l’importance des facteurs « innés » dans l’étiologie des névroses, affirmant que le facteur constitutionnel ou héréditaire était « indispensable dans les cas graves », mais proposant d’emblée d’introduire une perspective plurifactorielle, l’hérédité devant le plus souvent s’associer à d’autres causes dites « spécifiques » pour produire le tableau psychopathologique[44].

En 1911, il réaffirme cette nécessaire complémentarité entre les facteurs innés et accidentels (ou acquis) : « nous refusons d’établir une opposition essentielle entre les deux séries de facteurs étiologiques et admettons plutôt l’existence d’une action des deux », et soutient que « le rôle étiologique de chacune doit être évalué dans chaque cas particulier et chez tout individu »[39]. Il choisira par la suite le terme de « séries complémentaires » pour désigner cette intrication entre différents niveaux de causalité[45]. Les symptômes des affections psychiques seraient ainsi par essence « surdéterminés », en tant qu’il serait le fruit d’une pluralité de chaînes causales. Dans l’un de ses derniers textes, publié en 1938, Freud réaffirme explicitement cette thèse d’une interaction entre ces différents facteurs, qu’il n’aura donc jamais abandonnée : il existe un « série de compléments glissante dans laquelle deux facteurs convergent pour l’accomplissement étiologique »[46].

Au-delà de la cause : la réponse du sujet comme horizon thérapeutique

Un retour aux fondements historiques et épistémologiques de la psychanalyse permet de lever certains malentendus qui reviennent régulièrement dans le débat contemporain. Et ce en particulier lorsque les critiques adressées à la psychanalyse tendent à situer cette approche du côté d’une étiologie environnementale des pathologies psychiatriques, qui apparaîtrait opposée aux données de la recherche scientifique, comme les facteurs de vulnérabilité génétiques mis au jour dans certaines formes d’autisme. Revenir à l’acte de naissance de cette approche thérapeutique permet au contraire de mettre en évidence que Freud a d’emblée refusé toute perspective étiologique supposant un déterminisme environnemental linéaire entre les expériences vécues dans l’enfance et le développement d’affections psychopathologiques. Par ailleurs, Freud n’avait en aucun cas refusé de prendre en compte les facteurs « innés » ou héréditaires, allant jusqu’à considérer qu’ils étaient, dans certains cas, « indispensables » au développement de la maladie [44]. Et ses considérations sur la complémentarité des différentes chaînes causales pouvant concourir à la formation d’un tableau clinique sont d’une actualité surprenante. En effet, suite au développement des GWAS, les recherches contemporaines ont mis en évidence la participation de facteurs de vulnérabilités environnementaux et de vulnérabilités génétiques dans l’étiologie de différentes affections psychiatriques comme l’autisme, la schizophrénie, le trouble bipolaire ou la dépression. Mais, dans la mesure où ces facteurs demeurent peu significatifs lorsqu’ils sont pris isolément, les modèles polyfactoriels (déjà utilisé pour rendre de compte de l’étiologie de certaines pathologies somatiques) se sont désormais répandus. Pour décrire la genèse complexes de différentes pathologies psychiatriques, les chercheurs s’intéressent de façon croissante aux différents types d’interaction entre les vulnérabilités génétiques et les expositions environnementales : et ce qu’il s’agisse d’une potentialisation, d’un cumul, ou de la participation de mécanismes épigénétiques. Ces travaux peuvent ainsi venir rencontrer l’hypothèse freudienne des « séries complémentaires » (Freud heredity).

Néanmoins, il convient de souligner que la psychanalyse, au-delà de toute recherche étiologique, avait d’emblée proposée un décentrement vis-à-vis de la notion de « cause » en psychopathologie. Freud, à ce titre, avait souligné l’existence d’un profond « besoin de causalité de l’homme qui, en dépit de la banale réalité, se satisfait d’un seul facteur causal »[39][17]. S’il avait confiance dans les développements à venir de la biologie, « domaine aux possibilités illimitées » qui pourrait selon lui offrir à l’avenir « les lumières les plus surprenantes » à la psychanalyse[47][18], il ne blâmait pas moins les aspirations de la science à rechercher, contre toute vraisemblance, « une « cause ultime » tangible et homogène » aux pathologies psychiques, là où la psychanalyse débouche sur « des résultats moins simples et moins satisfaisants »[48][19]. Ces considérations peuvent là aussi venir rejoindre le constat dressé par F. Gonon, qui souligne que les grandes avancées techniques, comme le séquençage du génome ou l’imagerie cérébrale, n’ont pas encore permis de grandes découvertes dans le champ de la neuropsychiatrie. Steven Hyman, à la tête du National Institue of Mental Health jusqu’en 2001, concédait ainsi que malgré les progrès des neurosciences, « la recherche des causes biologiques des troubles mentaux a largement échoué », et son successeur Thomas Insel avait lui aussi dressé un constat similaire, soulignant que « pour l’essentiel les recherches en neurosciences n’ont pas encore bénéficié aux patients » [12].

Plutôt que de chercher à proposer un système explicatif complet ou généralisé, la psychanalyse a d’emblée pris acte du point de butée inhérent à tout questionnement sur la causalité ou l’origine. En cela, Freud avait d’emblée cherché à distinguer la psychanalyse de ce qu’il qualifiait de Weltanschauung, c’est-à-dire d’une « construction intellectuelle qui résout, de façon homogène, tous les problèmes de notre existence à partir d’une hypothèse qui commande le tout »[49]. D’un  point de vue thérapeutique, plutôt que de relever d’une logique de la cause, la psychanalyse repose au contraire, comme l’a souligné François Ansermet, sur une « clinique de la réponse »[50]. En cela, son champ d’action se situe au-delà de la problématique de l’interaction entre des facteurs génétiques et environnementaux, et repose sur la possibilité de l’existence d’un espace où, au-delà des déterminismes, le sujet, dans son développement psychique, peut inventer une réponse face à ces différents déterminants.

C’est notamment ce qu’illustrent les interventions de la psychanalyste Marie-Christine Laznik auprès d’enfants. Tout en prenant en compte l’existence de vulnérabilités génétiques, de « fragilités innées de certains bébés » à haut risque génétique d’autisme, son approche, contre une forme de « neuroessentialisme », implique de considérer que ces difficultés innés ne déterminent pas fatalement le devenir de l’enfant[51][20]. Elle souligne notamment qu’une prise en charge précoce, dès les premiers mois, et avant deux ans, peut, comme le soutient également le généticien Ami Klin, réduire l’intensité de l’autisme voire l’éviter dans certains cas[52]. Dans un travail thérapeutique où elle s’inspire des perspectives freudiennes sur l’importance du principe de plaisir dans le développement psychique, et du rôle l’association entre des vécus somatiques et les interactions précoces, elle propose ainsi des prises en charges interdisciplinaires, où les parents sont appelés à jouer le rôle de « co-thérapeutes », mais où le fondement du travail repose sur la prise en compte du caractère unique de chaque situation, et de la singularité de chaque enfant[51].

La psychanalyse ne relève donc ni de l’étude des déterminations innées ou acquises, ni spécifiquement de l’exploration de la façon dont certains évènements de l’enfance ont pu infléchir le développement psychique. Au contraire, les horizons thérapeutiques qu’elle introduit reposent sur l’existence d’une part d’indéterminé, d’imprévisible, au-delà des circonstances environnementales et des vulnérabilités génétiques. C’est précisément dans cet espace d’invention possible que se localise le cœur du travail thérapeutique, qui implique de se décentrer d’un questionnement sur la cause, pour mettre l’accent sur la réponse singulière de chaque sujet, au-delà des différents facteurs qui le déterminent.

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